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Maladies liées à l'alcool

L'alcool peut nuire gravement à la santé sans qu'il y ait alcoolodépendance ! Les pathologies liées à l'alcool viennent souvent d'un usage à risque et usage nocif sans qu'il y ait nécessairement alcoolo-dépendance psychique et/ou physique. De même les consommations massives en une seule fois peuvent avoir des conséquences néfastes (santé, accidents, violence...)

L'abus d'alcool est encore souvent associé presqu'exclusivement aux maladies du foie. Or l'alcool est impliqué dans une cinquantaine de pathologies. Il n'est guère d'organes qui ne soient pas touchés par la consommation excessive d'alcool, le cerveau et le système nerveux en premier. L'OMS a identifié la consommation d'alcool comme l'un des 10 premiers facteurs de risque dans le fardeau mondial de la maladie et une étude récente suggère que un décès sur dix en Europe est imputable à l'abus d'alcool.

Le syndrome d'alcoolodépendant ou "alcoolisme" est une maladie complexe à propos de laquelle la recherche médicale n'a pas encore dit son dernier mot. Elle présente en général les pathologies suivantes:

Cerveau et système nerveux

Des troubles cognitifs sont fréquemment observés chez plus de 50% des consommateurs excessifs. Ces troubles affectent la mémoire, les capacités visuomotrices et perceptives, les praxies (adaptation des mouvements au but visé), l'abstraction ou les capacités d'élaboration. Ces symptômes peuvent persister après le sevrage, pendant plusieurs mois, voire plusieurs années. Plus grave, l'encéphalopathie de Wernicke, surtout quand elle évolue en syndrome de Korsakoff (troubles importants de la mémoire, fabulation, fausses reconnaissances), se traduit par un état confusionnel, des troubles visuels et des problèmes dans la coordination des mouvements. Le cortex frontal, une région cérébrale impliquée dans la réalisation des tâches cognitives, est particulièrement sensible aux effets de l'alcool. Il n'existe pas de mécanisme unique expliquant la neurotoxicité du produit. Toutefois, il est certain que l'éthanol, lui-même, est neurotoxique : à fortes doses, il perturbe les mécanismes de transmission de l'information nerveuse. Il peut même détruire les neurones. Mais l'alcool agit aussi de manière indirecte. Par exemple, il peut induire une carence en vitamine B1 (thiamine), responsable du syndrome de Wernicke-Korsakoff.

L'usage chronique d'alcool détruit les neurones soit directement lors de l'absorption de doses massives, soit en empêchant l'absorption digestive des vitamines B. Les neurones ayant absolument besoin de ces vitamines pour vivre, il y a mort neuronale. Cette mort neuronale se traduit par :

Maladies alcooliques du foie

Une consommation chronique d'alcool peut entraîner des perturbations hépatiques telles qu'une stéatose, caractérisée par une surcharge en lipides, une hépatite alcoolique ou une cirrhose. La malnutrition, tout comme le surpoids, semblent favoriser ces pathologies hépatiques. La plupart des cirrhoses sont diagnostiquées vers l'âge de 50 ans chez l'homme. La durée d'intoxication nécessaire pour développer une cirrhose est estimée à au moins 10 ans chez les femmes et au moins 15 ans chez les hommes, pour des doses quotidiennes plus faibles chez la femme : d'après les études, le risque de développer une cirrhose devient important (risque multiplié par 3 ou 4) à partir de 30g d'alcool par jour chez la femme et 50g d'alcool par jour chez l'homme. Après le diagnostic d'une cirrhose, 40 à 80% des patients décèdent dans les 5 ans.

Cancers liés à l'alcool

Les gros consommateurs présentent plus de risque de développer un cancer des voies aérodigestives supérieures (bouche, pharynx, oesophage et larynx) que ceux qui ne consomment pas ou peu d'alcool. Selon la quantité d'alcool ingérée chaque jour, le risque est entre 2 et 6 fois plus important. L'alcool et le tabac forment un redoutable cocktail aux effets particulièrement néfastes. Consommés conjointement, ils augmentent nettement le risque de survenue des cancers des voies aérodigestives. Comparés à ceux qui ne boivent pas d'alcool et ne fument pas de tabac, les consommateurs de plus de 45g d'alcool par jour ont deux fois plus de risque de développer un cancer de la cavité buccale et du pharynx. Ce risque est multiplié par 15 si, de surcroît, ils fument chaque jour plus de 40 cigarettes. De même, les personnes qui boivent et fument beaucoup ont un risque de développer un cancer de l'oesophage multiplié par 44.

Le cancer du foie peut aussi se déclarer suite à une consommation excessive d'alcool. Ce type de cancer n'apparaît que chez les patients ayant d'abord développé une cirrhose. Pour ces patients cirrhotiques, et en particulier pour ceux ayant été infectés par le virus de l'hépatite B ou C, la probabilité d'être atteints d'un cancer du foie dans les cinq années qui suivent est estimée à 15-20%.

Des études récentes ont montré que l'alcool est incriminé dans la genèse des cancers du sein et colorectaux. La consommation d'alcool est donc associée avec certitude à la survenue de 7 cancers : sein, cavité buccale, pharynx, larynx, oesophage, foie et colon-rectum. Ce risque est indépendant du type de boissons alcoolisées consommées : il est directement lié au pouvoir cancérigène de l'éthanol que celles-ci contiennent.


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