Adolescents et alcool

Expérimentation de plus en plus précoce, augmentation de la consommation régulière, banalisation de l’ivresse? Chaque année, les jeunes paient un lourd tribut à l’alcool.

En France la première cause de mortalité entre 14 et 30 ans reste l’alcool.

Une augmentation du risque des accidents de la route compte parmi les conséquences graves immédiates de l’alcoolisation des jeunes (voir aussi Alcool au volant), mais il y a d’autres dangers comme les comportements violents, le passage à un acte délictueux, les rapports sexuels non protégés, les accidents non liés à la route, les échecs scolaires, les suicides (l’alcool est un puissant facteur de passage à l’acte), des conséquences de l’hypertension artérielle liée à l’alcool.

L’alcool a des effets néfastes sur le cerveau en développement. Les jeunes qui boivent sont donc plus vulnérables aux troubles de mémoire et d’apprentissage.

Différentes études montrent que la prise d’alcool par les adolescents est très fréquente, mais qu’elle n’est pas pour autant prédictive d’un alcoolisme adulte. En revanche, le jeune issu d’une famille à tendance alcoolique, augmente considérablement le risque de devenir un adulte alcoolique s’il boit beaucoup dès son adolescence.

D’autres phénomènes augmentent les risques de santé des jeunes aujourd’hui:

  • la consommation de boissons mixtes “alcopops” ou “premix”, mélanges de limonades et d’alcool qui banalisent le produit alcoolique et masquent les dangers;
  • le “binge-drinking” ou “flat-rate drinking”, la consommation occasionnelle mais massive d’alcools. On sait aujourd’hui que ces excès précoces augmentent le risque d’évolution ultérieur vers une dépendance à l’âge adulte;
  • le mélange d’alcool et de “drogues festives” (ex: ecstasy), la polyconsommation de différentes substances et produits dont la composition n’est souvent pas connue et dont les effets imprévisibles peuvent se potentialiser;
  • les risques d’infection par HIV/AIDS, Hépatite B et C.

Désir d’appartenance à un groupe, rites d’initiation, identification avec des idoles et imitation de leur comportement, pratiques festives à la mode, recherche de la propre identité et de sa place dans la vie, curiosité, expérimentation et recherche de sensations fortes, mais parfois également difficultés personnelles et troubles psychiques sont quelques uns des facteurs qui peuvent conduire à l’usage et à l’abus de drogues.

Les adolescents recherchent, au cours de leur maturation vers l’âge adulte, leurs limites. L’utilisation de produits psychotropes leur permet de les éprouver. Il serait illusoire de croire que ces pratiques disparaissent. Sortir les problèmes et maladies de dépendance du tabou et de la marginalisation, information, formation et ouverture du débat peuvent contribuer à limiter les dégâts liés aux risques de la consommation d’alcool et d’autres drogues.

 

Définitions:

AIDS = acquired immune deficiency syndrome

HIV = ‎human immunodeficiency virus‎