Médicaments – Le piège des remèdes miracles

Moins apparente qu’une dépendance à l’alcool, la pharmacodépendance ou dépendance aux médicaments n’en est pourtant pas moins grave et est tout aussi répandue.

Tout comme l’alcool, certains médicaments, notamment les tranquillisants du groupe des benzodiazépines et les somnifères, peuvent rendre dépendant et causer des problèmes psychiques ainsi que des problèmes de santé graves comparables à ceux rencontrés dans les alcoolodépendances. Le fait qu’ils sont prescrits par des médecins conduit souvent à sous estimer leurs dangers. Parfois ils peuvent créer de nouvelles difficultés ou aggraver des problèmes qu’ils sont sensés améliorer.

Certains médicaments psychoactifs peuvent être des aides ponctuelles précieuses et parfois indispensables dans le traitement de certains troubles psychiques et dans des situations existentielles extrêmement éprouvantes, mais leur mésusage peut malheureusement aussi créer de graves difficultés de santé, conduire à la dépendance, entraver votre bien-être et votre qualité de vie et parfois vous dérober de vos ressources propres, primordiales pour amener une amélioration de votre situation.

Vous êtes l’acteur no. 1 pour le changement de votre situation et de vos problèmes. Parlez-en avec votre médecin :

  • N’arrêtez pas brutalement un traitement en cours sans consulter un médecin. Le sevrage brutal peut causer des difficultés graves et mettre votre vie en danger. En cas de doutes sur le bienfondé ou la quantité et la durée d’une prescription, parlez-en à votre médecin et demandez le cas échéant un deuxième avis médical.
  • Si vous constatez que vous êtes devenus dépendant de médicaments, demandez conseil à votre médecin et informez-vous sur les mesures thérapeutiques et mesures d’accompagnement appropriées pour sortir de cette dépendance.
  • Demandez à votre médecin quelles activités complémentaires ou alternatives peuvent être utiles dans votre situation et vous permettre d’améliorer votre santé et votre bien-être (ex: psychothérapies, techniques de relaxation, activités sportives, récréatives et conviviales, régime alimentaire etc. )
  • Informez votre médecin sur les difficultés que vous rencontrez et les effets secondaires que vous constatez. (Les médecins ne peuvent pas se casser une jambe pour savoir comment quelqu’un se porte avec, ils ont besoin de votre feed-back pour évaluer l’efficacité du traitement prescrit et corriger éventuellement le traitement lorsque celui-ci vous fait plus de mal que de bien).
  • Restez à l’écoute de vous-même et faites confiance à vous-même quand vous avez le sentiment qu’un traitement ne vous fait pas de bien. Parlez-en à votre médecin et demandez le cas échéant un deuxième avis médical.
  • Demandez des informations claires et précises sur les avantages et les désavantages, effets et effets secondaires du traitement prescrit.
  • Ne croyez pas aveuglément les promesses de l’industrie pharmaceutique (des médicaments hautement addictifs ont déjà été vantés comme panacée ne présentant que pas ou peu de risques; aussi publicité et communication concernant ces substances peuvent faire croire qu’être toujours heureux, toujours calme et performant, sans mauvais jours, sans changements d’humeur, sans difficultés, sans peurs et sans souffrance serait “normal” alors qu’un tel standard de ce qui est humain est simplement erronné). Surtout dans le domaine du psychique, il n’existe pas de recette miracle qui convienne à chacun. Informez-vous, parlez-en à votre médecin et demandez le cas échéant un deuxième avis médical.

Les médicaments qui contiennent les substances suivantes devraient donner lieu à une vigilance accrue: benzodiazépines, barbituriques, opiates, alcool, anti-douleurs (en combinaison ou non avec d’autres substances).

Prescrits parfois à la légère par des médecins, pris en automédication par des personnes qui se les procurent par différents médecins ou par des voies illégales, ces médicaments sont des drogues puissantes dont les effets sont souvent sous estimés.

Des efforts concertés de tous les acteurs (patients, médecins, organismes de sécurité sociale, Ministère de la Santé) sont sans doute nécessaires pour mieux informer sur les risques, la consommation excessive et la pharmacodépendance liés à ces substances.

Pour évaluer un risque éventuel de dépendance, répondez au Questionnaire d’auto-évaluation “bendep-SRQ”, à notre “questionnaire médicaments” et consultez la “liste des symptômes de la dépendance”.

Médicaments psychotropes, dépliant édité par le Centre de Prévention des Toxicomanies, Luxembourg

Bonne Nuit, dépliant édité par le Ministère de la Santé, Luxembourg

Les Benzodiazépines : Comment agissent-elles et comment s’en sevrer ? Professeure C Heather Ashton DM, FRCP, 2002 benzo.org.uk