Quelques chiffres

D’après l’OMS [1], 91 millions d’êtres humains souffriraient de désordres liés à l’abus d’alcool dans le monde.

L’alcool est, après le tabac, la deuxième cause de mortalité évitable.


L’alcool est, après le tabac, la deuxième cause de mortalité évitable. En France on estime pouvoir attribuer au tabac la responsabilité directe ou indirecte de 60 000 morts chaque année, environ 45 000 morts à l’alcool et 100 à 200 morts à l’ensemble des autres drogues. (source: MILDT)

En France on estime à 5 millions le nombre de personnes qui connaissent des problèmes médicaux et des difficultés psychologiques ou sociales liés à une consommation d’alcool. Les pertes de revenus et de production liées à la maladie ou au décès prématuré imputables à l’alcool sont estimées à près de 10 milliards d’euros chaque année en France, un coût quatre fois supérieurs aux dépenses de santé.

En France, au total, directement et indirectement, l’alcool coûte la vie à 45 000 personnes, chaque année.

L’alcool est directement impliqué dans 23 000 décès par cancer des voies aérodigestives supérieures, par cirrhose ou par mort prématurée liée à l’alcoolodépendance.

L’alcool est également la cause d’un tiers des accidents mortels de la circulation, de 25-35 % des accidents de voiture non mortels, 64 % des incendies et des brûlures, 40 % des chutes, 48 % des hypothermies et des cas de gelure, 20 % des suicides, 20 % des délits, 50 % des homicides (victimes ou criminels), même à des concentrations inférieures aux taux légaux d’alcoolémie.

Selon l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) [2] également, l’alcool serait à l’origine de 15 à 20 % des accidents professionnels, de l’absentéisme et des conflits au travail.

Afin de compléter le tableau, il faut savoir qu’un hospitalisé sur 5 aurait des difficultés avec les boissons alcoolisées, 7 % présentant des pathologies.

 

En Allemagne:

  • Comportement à risque: 10,4 millions de personnes
  • Abus d’alcool: 1,7 millions
  • Malades alcooliques: 1,7 millions
  • Dépendance de médicaments: min. 1,4 millions

Source: DHS – Deutsche Hauptstelle für Suchtfragen e.V.

 

Luxembourg  Les chiffres à notre disposition ne sont pas récents et ne donnent guère une image fidèle des problèmes liés à l’alcool au Luxembourg. Il ne nous semble pas trop osé de présumer que la situation est comparable à celle de nos pays voisins, l’Allemagne et la France (ce qui d’après nos calculs laisse présumer une population de plus de 20.000 personnes qui auraient des problèmes avec l’alcool).

  • La vitesse et l’alcool au volant sont à l’origine de plus de la moitié des accidents mortels. Au niveau des condamnations judiciaires, 45% ont été prononcées pour cause d’alcool au volant. L’alcool au volant est la première cause des problèmes sur les routes.
  • 25 % de tous les accidents de travail sont probablement dus à l’alcool
  • l’alcool est en cause dans chaque sixième cas de licenciement
  • les absences au travail sont trois à quatre fois plus fréquentes chez les malades alcooliques
  • d’après les estimations du CNLA, 8.000 à 10.000 personnes seraient dépendantes de l’alcool au Luxembourg
  • à peu près chaque dixième travailleur boit quotidiennement de l’alcool au travail

Au Luxembourg, le taux de mortalité imputable à des causes liées à l’alcool figure également parmi les plus élevés de l’Union Européenne, après la Slovénie, la Croatie et la Finlande, chez les personnes des deux sexes, ce qui est le signe d’habitudes de consommation nocives.

La mortalité due à la cirrhose alcoolique du foie est l’indicateur classique des effets nuisibles de la consommation excessive chronique de boissons alcoolisées (Hemström et al., 2002)[3]. Elle tend à se stabiliser alors qu’elle diminue dans les autres pays du groupe Eur-A, ce qui explique qu’au Luxembourg, elle était supérieure de 30 % à la moyenne du groupe Eur-A en 2001.

En ce qui concerne l’abus et la dépendance de médicaments à Luxembourg, d’après une étude [4] basée sur les données du Contrôle médical et portant sur les années 1995-2004, le nombre total d’assurés différents ayant reçu une prescription de benzodiazépines était de 166.781 personnes (sur une population de 411.600 en 1995, respectivement 455.000 en 2004). Plus d’un tiers des sujets n’arrêteraient plus leur consommation de benzodiazépines, une fois prescrites. 70.066 personnes présenteraient une consommation problématique, soit 42% du total des assurés de l’étude, respectivement 15,4% de la population totale. 6.318 personnes ont eu une délivrance en continu de benzodiazépines supérieure à un an. Il est estimé que la moitié de ces sujets – soit plus que 5% de la population totale – présente une dépendance, même à dosage bas. Le développement d’une dépendance à haut dosage (≥ 31 mg d’équivalent de diazépam/jour) est plus rare: elle toucherait 3,7% des consommateurs chroniques (soit ± 0,4% de la population totale).


Références:
  1. who.int/substance_abuse/publications/global_alcohol_report
  2. inserm.fr
  3. Hemström, Ö. (2002). “Attitudes to Alcohol Policy in Six EU Countries.”
  4. LES BENZODIAZÉPINES AU GRAND-DUCHÉ DE LUXEMBOURG, Mémoire présenté dans le cadre de la Capacité d’Addictologie Clinique par le Dr Jean-Marc CLOOS, Université Louis Pasteur, Faculté de Médecine de Strasbourg
  5. stats.oecd.org (alcohol consumption)
  6. eurocare.org/resources/country_profiles/luxembourg