Suis-je concerné(e) ?

Les symptômes de la dépendance varient selon la drogue et le degré de dépendance, aussi n’apparaissent-ils pas nécessairement tous et peuvent se manifester différemment chez les personnes concernées. Ils devraient dans tous les cas être considérés comme un signal d’alarme.

Pour une évaluation plus complète, veuillez aussi consulter les pages Où en suis-je? Où vous situez-vous?, tests et notamment la liste des symptömes de la dépendance et la liste des vulnérabilité(s).

Lorsque vous lisez les listes de symptômes sur ce site ou lorsque vous faites les tests, tâchez d’évaluer votre propre risque alcool/­médicaments sans appréhensions. Essayez de répondre ouvertement et franchement. Faites-le pour vous seul et pour personne d’autre. Il y va uniquement de votre santé. Dites-vous que vous êtes libres dans vos choix, vous ne pourrez perdre cette liberté qu’en ignorant les problèmes.

  • consommation journalière d’alcool, sentiment de malaise lorsqu’on ne boit pas d’alcool;
  • organisation de la vie quotidienne autour de l’alcool, mise en place de “rituels” (points fixes dans la journée où l’alcool est au rendez-vous: “apéro”, déjeuners, pauses, fin de la journée de travail, activités récréatives accompagnées de consommation d’alcool);
  • tolérance accrue à l’égard de l’alcool (les effets de l’alcool se font ressentir de moins en moins vite, il faut toujours de plus grandes quantités ou des alcools plus forts pour se sentir à l’aise);
  • sensation de manque, nervosité, difficultés de concentration, états de confusion, angoisses, attaques de panique, dépressions, tremblements, insomnies, sueurs froides, maux de tête, manque d’appétit, nausées, irritabilité, agressivité, rigidité mentale (p.ex.: “tout le monde a tort”, “j’ai raison mais personne ne me comprend”…), perte du sens de la réalité (p.ex.: dévalorisation totale de soi, surestimation de soi, sentiment d’invulnérabilité…);
  • souffrance psychique (avouée ou non, manifeste ou cachée);
  • consommer pour éviter ou arrêter les symptômes de manque et de sevrage (pour ne plus être nerveux, pour ne plus être angoissé, pour ne plus trembler…);
  • les pensées, et parfois tout l’emploi du temps de la journée, tournent autour de la substance psychotrope (effets, réserves, ressources); on veut s’assurer qu’il y a toujours des quantités suffisantes, on craint le manque;
  • dissimuler la consommation, cacher les substances psychotropes, nier les quantités et la fréquence de consommation;
  • se donner des raisons et “excuses” pour consommer (situation difficile, problèmes professionnels ou familiaux, expériences traumatisantes…);
  • au fil du temps et avec l’aggravement de la dépendance, la drogue a priorité absolue devant toutes les choses de la vie, y compris le partenaire, les enfants, la famille, les amis, le travail, la santé… La substance psychotrope finit par primer sur toutes les valeurs acceptées et respectées avant la dépendance;
  • symptômes et complications de sevrage: anxiété, états de confusion, tremblements, sueurs, rythme cardiaque accéléré, agitation, nausées, vomissements, crampes, convulsions, hallucinations, perte de conscience;
  • détérioration générale de la condition psychique (système nerveux, développement de tocs, repli sur soi-même, dépressions, psychoses, perte progressive des facultés mentales, émotionnelles, relationnelles et sociales…);
  • détérioration générale de la condition physique et maladies (variations du poids, déshydratation, diarrhées, manque de sels minéraux et de vitamines, difficultés psychomotrices, tremblements, problèmes et maladies graves de l’intestin, du foie, des reins, du pancréas, de l’œsophage etc.; cf. aussi rubrique “maladies liées à l’alcool“)

 

pyramide de Skinner adaptée par Batel&Michaud

Pyramide de Skinner

 

La pyramide de Skinner est un outil pratique pour évaluer le niveau de risques :

  • niveau 0 : abstinence stricte
  • niveau 1 : usage sans dommage; 3 verres /j pour un homme, 2 verres /j pour une femme (recommandations OMS);
  • niveau 2 : usage à risque ;> 3 verres /j pour un homme, > 2 verres /j pour une femme et aucun dommage ;
  • niveau 3 : usage nocif sans dépendance; dommages (gamma-GT plus ou moins élevées, insomnie, irritabilité, fatigue, HTA, difficultés dans les relations professionnelles ou familiales), mais pas de dépendance.
  • niveau 4 : usagers nocifs avec dépendance**; ces patients présentent souvent des désordres biologiques ou d’autres problèmes depuis cinq à dix ans et ont également développé une véritable dépendance, parfois physique, avec un syndrome de sevrage en l’absence d’alcool, mais surtout psychique.

(Pyramide de Skinner adaptée par Batel&Michaud, Source : Dr Marc Kreuter/Philippe Batel, Dossier L’Alcoolisme, Le généraliste no.2358)

*) Ces seuils n’assurent aucunement avec certitude l’absence de tout risque (cf. aussi: Recommandations OMS)

**) La dépendance n’est pas en relation directe avec la quantité consommée. Une consommation considérée par l’usager comme “normale” ou “modérée” peut conduire à la dépendance s’il présente certaines vulnérabilités.)