FAQ – Questions fréquentes

Est-ce que je peux retourner à une consommation “normale” ou “contrôlée” ?

A cette question à l’heure actuelle il n’y a pas de réponse univoque qui soit valable pour chacun.

Si vous êtes confrontés à des problèmes avec l’alcool, mieux vaut la laisser ouverte au départ, ne serait-ce que pour diminuer vos peurs et appréhensions devant l’avenir.

Dites-vous que dans tous les cas ce n’est pas la première question à vous poser lorsque vous avez des problèmes avec l’alcool. Mieux vaut la reléguer à la fin de mesures thérapeutiques et laisser la question provisoirement ouverte.

Au cours d’une thérapie stationnaire ou ambulatoire, vous apprendrez de nouvelles compétences et vous gagnerez une nouvelle autonomie qui vous permettra de prendre en main votre vie et de faire vos choix de manière informée, libre et responsable.

ama.lu a.s.b.l. respecte les choix de vie de chacun, ne préjuge pas des objectifs et mesures thérapeutiques utiles ou nécessaires et ne prône pas l’abstinence.

L’abstinence est un moyen (le plus souvent indispensable dans un premier temps), pour aller mieux psychiquement et physiquement afin d’être à même d’acquérir de nouvelles aptitudes pour mieux gérer ses problèmes. La non-consommation est un moyen et non un but en soi. Le but de mesures thérapeutiques et d’accompagnement est le bien-être et la santé, aller mieux et arriver à gérer ses problèmes autrement que par le recours à la drogue.

Est-ce qu’un malade doit “toucher le fond” pour changer ses habitudes?

On entend souvent que les personnes qui ont une consommation problématique d’alcool doivent “toucher le fond” pour être prêt à agir, accepter de l’aide professionnelle et finalement prendre en main leur propre vie.

L’expression “toucher le fond” doit être entendue comme le point où le malade lui-même sent qu’il ne peut continuer sa consommation abusive, où sa situation est devenue insupportable à ses yeux et en arrive à la conviction que quelque chose doit changer dans sa vie. Cela ne veut pas dire qu’il doit avoir tout perdu, être à la rue et souffrir de tous les symptômes et maladies typiques liés à la consommation excessive.

tôt on agit, meilleures sont ses chances de s’en sortir !

J’ai des problèmes avec l’alcool, suis-je “alcoolique” ?

Dans quelle mesure votre consommation d’alcool est problématique et dans quelle mesure vous dépendez physiquement et/ou psychiquement de l’alcool doit être élucidé dans vos entretiens avec votre médecin, le plus souvent en collaboration avec des spécialistes.

Si vous avez des doutes sur votre relation avec l’alcool, lisez également la rubrique Tests.

Il est utile également de savoir que l’alcool peut nuire gravement à la santé sans qu’il y ait nécessairement alcoolodépendance. L’abus d’alcool et toute consommation régulière qui dépasse les seuils généralement recommandés sont à l’origine de beaucoup de maladies. Aussi l’alcoolisation même occasionnelle est-elle la cause de nombreux accidents et actes violents.

Etant donné que le terme “alcoolique” a pour beaucoup de gens une connotation négative et discriminatoire, sujet à beaucoup de préjugés et d’ignorance, sachez que personne ne vous oblige à vous qualifier comme “alcoolique” même si vous êtes ou étiez alcoolodépendant.

Votre premier souci doit être de trouver une solution à vos problèmes et de retrouver santé et bien-être. Les étiquettes n’y contribuent souvent pas.

Est-ce qu’un médicament peut me rendre abstinent?

Il n’existe à ce jour aucun médicament ou solution miracle pour arrêter la maladie, “guérir” ou “rendre une personne abstinente”.

Certains médicaments sont utilisés dans la phase de désintoxication, d’autres sont destinés à décourager le malade à consommer ou encore à diminuer l’envie irrésistible de consommer. Enfin il existe des médicaments pour traiter les troubles psychiques qui accompagnent souvent les maladies d’addiction (ex: anxiété, dépressions).

Veuillez consulter votre médecin spécialiste pour plus d’informations.

Quelles sont les démarches à faire pour une thérapie stationnaire à Luxembourg ?

À Luxembourg c’est le Centre Thérapeutique d’Useldange (CTU) qui est spécialisé dans la réhabilitation de personnes présentant un abus ou une dépendance à l’alcool.

L’offre comprend des séjours en hospitalisation complète ou partielle (de nuit p.ex. en cas de réhabilitation professionnelle), ainsi que des réadaptations en logement supervisé.

Les admissions se font sur indication médicale, généralement après cure de désintoxication en hôpital général.

Une thérapie stationnaire est donc possible au pays, cela sans accord préalable du Contrôle médical pour les personnes disposant d’une inscription à une caisse de maladie luxembourgeoise et sans délai de procédure (il suffit que le médecin traitant, généralement à l’occasion de la prédite cure de désintoxication, prenne contact pour convenir d’un transfert, le cas échéant précédé d’un entretien préliminaire).

Pour de plus amples renseignements:

Centre Thérapeutique d’Useldange (CTU)
14, Rue d’Everlange
L-8707 Useldange
Permanence: 23630320
CHNP, Rehaklinik “Un der Ulzecht”: Filière Alcoologie, CTU

Quelles sont les démarches à faire pour une thérapie stationnaire à l’étranger ?

Quelles sont les démarches à faire pour une thérapie stationnaire à l’étranger ?

Est-ce que la Caisse de Maladie porte les frais d’une thérapie stationnaire ?

Oui en cas de décision favorable du Contrôle Médical (voir aussi “Quelles sont les démarches à faire pour une thérapie stationnaire ?”).

Attention: Assurez-vous auprès du CNS sur votre statut d’affiliation et sur la durée exacte de la période d’indemnisation restante. (Suis-je assuré? Suis-je domicilié à Luxembourg pendant tout la durée du traitement? Quelle est sur les deux dernières années ma période cumulée d’arrêts de maladie? Me reste-il une période d’indemnisation suffisante pour faire intégralement la thérapie envisagée?).

Les frais sont pris à charge directement par la CNS. (Un formulaire spécial, E-112, destiné au centre thérapeutique est établi sur demande par l’Union des caisses de maladie et doit être transmis au centre thérapeutique).

Remarque importante: Après prise en charge du CNS, il reste toutefois à la charge de l’assuré une participation individuelle, variable selon les centres thérapeutiques (environ 280 euros par séjour en Allemagne, environ 400 euros par mois en Belgique et en France).

Est-ce que la Caisse de Maladie rembourse les frais d’une thérapie ambulatoire ?

Une demande de thérapie ambulatoire doit être introduite par le médecin traitant et autorisée par la CNS.

(voir aussi “Quelles sont les démarches à faire pour une thérapie stationnaire ?”).

A Luxembourg la consultation de psychothérapeutes non médecins n’est pas remboursée.

Est-ce que je peux être licencié(e) à cause de mes problèmes d’alcool?

Oui.

L’alcoolisme est reconnu comme maladie par l’Organisation mondiale de la santé WHO et du moins théoriquement on ne peut être licencié pour cause de maladie, mais le problème est malheureusement plus complexe.

Les maladies de dépendance de l’alcool ou d’autres substances psychotropes se développent de manière progressive sur de longues périodes et ne se manifestent souvent que tardivement, entrainant cependant en cours de route une panoplie de problèmes tels que absentéisme, performances insuffisantes, fautes professionnelles, difficultés avec les collègues et supérieurs, accidents de travail etc.

Avant même que la maladie ne soit diagnostiquée ou éventuellement certifiée par un médecin ou un centre thérapeutique, le mal est souvent déjà fait et les raisons pour un licenciement sont données.

Raison de plus pour agir le plus tôt possible quand les symptômes d’une dépendance se manifestent ou sont constatés par l’entourage (voir aussi rubrique “suis-je concerné(e)?”).

Dans ce cas le dialogue avec l’employeur, de préférence en concertation avec les délégués du personnel et le médecin traitant, peut éviter le pire et contribuer à une solution satisfaisante pour toutes les parties.

Attention: L’employeur est en droit de vous licencier après une période de maladie prolongée. Le délai de protection expire 26 semaines à partir du jour de la survenance de votre maladie.


Consultez aussi le livre:

  • L’alcool et le travail, Me Pierrot Schiltz, Promoculture, 2008 (ISBN : 978-2-87974-079-9)

Est-ce que l’employeur peut m’obliger à suivre une thérapie ?

Non dans la mesure ou ce ne sont que les tribunaux qui pourraient vous y obliger.

Oui dans la mesure où souvent le salarié n’a plus guère d’autre choix. En cas de refus il doit en assumer les conséquences, donc éventuellement le licenciement.

L’entreprise est en droit d’exiger que le contrat de travail soit rempli, ce qui souvent n’est plus le cas pour les salariés souffrant de maladies de dépendance (absentéisme, manque de performance, fautes professionnelles, maladie, accidents de travail, difficultés avec les collègues, supérieurs ou tiers ).

Dois-je informer mon employeur sur la nature de la thérapie?

Non. Vous n’êtes pas obligé par la loi d’informer votre employeur ni sur la nature de votre maladie ni sur le type de thérapie que vous allez suivre.

Vos obligations légales se limitent à la fourniture d’un certificat de maladie valable dans les délais. Ceci vaut également pour les thérapies stationnaires et prolongations de celles-ci: assurez-vous d’être en règle pour toute la durée du traitement.

La question de savoir s’il vaut mieux informer l’employeur de la nature de votre maladie et de la thérapie ou non, dépend de votre situation personnelle et de vos relations avec votre employeur.

Si vos problèmes de dépendance ne sont plus un secret pour votre environnement professionnel, ce qui souvent est le cas, il vaut mieux mettre les cartes sur table et informer votre employeur sur les efforts que vous entreprenez en vue de trouver une solution à vos problèmes. Un tel entretien permettra à l’employeur de mieux organiser le travail pendant votre absence et vous donnera éventuellement une perspective rassurante pour votre avenir professionnel après votre thérapie.

Malheureusement on ne peut pas nier qu’il y a des situations et des employeurs où il vaut mieux ne pas révéler la nature de la thérapie à suivre.

En cas de doute, parlez de cette question avec des personnes de votre confiance (délégué syndical, médecin, votre conseiller des Assurances sociales) avant de faire une telle démarche.