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Le syndrome d'alcoolodépendant (encore alcoolisme ou éthylisme) est un phénomène complexe présentant, selon les écoles de pensées, de nombreuses définitions parfois complémentaires, parfois contradictoires.
Il y a alcoolodépendance quand il y a une perte de la liberté de s'abstenir d'alcool, accompagnée de complications médico-psycho-sociales. Ce n'est pas un "manque de volonté" ou un "défaut de caractère", mais il s'agit bien d'une maladie grave, progressive, chronique et terminale. C'est une maladie multifactorielle tant en ce qui concerne les causes que ses manifestations et effets. Son développement et son évolution s'inscrivent dans un continuum avec de fortes variations individuelles. Elle affecte l'individu entier avec toutes ses dimensions (santé physique et psychique, personnalité, relations avec l'entourage, situation sociale, économique...) ainsi que son entourage et la société dans son ensemble.
![]() La pyramide de Skinner est un outil pratique pour évaluer le niveau de risques :
(Pyramide de Skinner adaptée par Batel&Michaud, Source : Dr Marc Kreuter/Philippe Batel, Dossier L'Alcoolisme, Le généraliste no.2358) *) Ces seuils n'assurent aucunement avec certitude l'absence de tout risque (cf. aussi: Recommandations OMS)**) La dépendance n'est pas en relation directe avec la quantité consommée. Une consommation considérée par l'usager comme "normale" ou "modérée" peut conduire à la dépendance, surtout s'il présente certaines vulnérabilités.) |
C'est aussi une maladie progressive. On ne l'attrappe pas comme un virus d'un jour à l'autre; on ne naît pas avec une alcoolodépendance et on ne meurt pas nécessairement avec elle. Il y a différents degrés de consommation problématique et de dépendance. Les limites entre usage sans dommage, usage à risque, usage nocif et dépendance sont fluides et peuvent varier pour chacun individuellement au cours de la vie.
Toute consommation régulière entraine une accoutumance et une plus grande tolérance (il faut une quantité plus grande pour obtenir le même effet), un apprentissage maladif au niveau psychique et neurobiologique peut conduire à une dépendance de plus en plus forte. L'alcoolodépendant deviendra de plus en plus obsédé par l'alcool et son besoin de boire. Sa vie en viendra à graviter autour de la recherche d'occasions de consommer. On remarquera non seulement une augmentation de la fréquence des consommations, mais également des quantités (tolérance accrue) et enfin, des conséquences négatives et des problèmes nécessairement engendrés par l'abus. À cela s'ajoute une détérioration physique et psychique de plus en plus évidente.
La maladie devient chronique à partir du moment où la dépendance s'installe. À plus ou moins brève échéance, ce sont les faillites qui se pointent, faillite relationnelle (divorces, séparations, isolement), faillite économique (perte d'emploi, difficultés financières), faillite légale (perte de permis de conduire, arrestation, prison) faillite psychologique (perte de l'estime de soi, de la dignité, de la liberté et de l'automomie, de la qualité de vie et du sentiment de bien-être, complications psychiques et neurologiques, anxiété, dépression, etc.), et finalement perte de la santé (cf. maladies liées à l'alcool)
Ce qui attend l'alcoolodépendant, c'est la mort. Parfois cette mort physique est précédée d'une mort psychique, la démence alcoolique.
| Préjugés et fausses idées Si les dommages causés par les personnes alcoolodépendantes sont indéniables, il serait faux de croire que ceux-ci se limiteraient à cette population relativement petite. L'abus d'alcool ponctuel met la vie et la santé des consommateurs et celle d'autres personnes en danger sans qu'il y ait nécessairement alcoolodépendance. Ceux qui consomment un verre de trop à l'occasion entraînent plus de dommages matériels et de mortalités que les alcoolodépendants. L'alcool peut mettre en danger votre vie et celle des autres et peut nuire gravement à la santé sans qu'il y ait alcoolodépendance. |
Dans le traitement de l'alcoolodépendance, on distingue principalement deux types de malades:
Pour ce qui est des habitudes de consommation et d'abus, les buveurs dits cycliques, qui consomment massivement par périodes intermittentes, ont souvent des difficultés à reconnaître et accepter leur maladie parce que les épisodes d'abstinence plus ou moins longs peuvent leur faire croire qu'ils n'ont pas de problème de dépendance, tandis que les consommateurs réguliers qui boivent tous les jours en essayant de garder un taux d'alcoolémie constant qui doit prévenir les symptômes de manque, passent souvent longtemps inaperçus parce qu'ils ne se distinguent pas par un abus aussi spectaculaire que celui des buveurs cycliques. Ils ont souvent l'illusion de "contrôler" leur consommation.
Prédispositions héréditaires, éducation, famille, développement individuel, traumatismes psychiques, personnalité, problèmes et troubles psychiques, environnement économique, culturel et social...? On se pose volontiers la question pourquoi tel individu devient malade et pourquoi tel autre ne le devient pas.
A l'état actuel des connaissances on ne peut pas le prédire, la vigilence s'impose donc devant toute consommation régulière et élevée, à plus forte raison si on constate des symptômes typiques d'abus et de dépendance et si on présente certaines vulnérabilités qui peuvent accroître le risque de dépendance.
Toutefois, vouloir élucider les causes de la dépendance est légitime et nécessaire, mais apporte rarement dans l'immédiat les réponses qu'il faut pour trouver une solution aux problèmes et pour permettre aux personnes malades de se rendre sur le chemin de la guérison.
L'addictologie contemporaine ne met plus tellement l'accent sur la distinction entre les différents types de drogues ou substances qui peuvent mener à une dépendance, ceci pour plusieurs raisons:
Lire aussi:
» L'action des drogues sur le cerveau (MILDT)
» Les drogues et le cerveau (Jellinek Nederland)
» How drugs work (PBS)
» Dépendances en tout genre (Institut des Neurosciences de Bordeaux)
» Les paradis artificiels
| L'OMS (Organisation Mondiale de la Santé), Classification internationale (ICD 10) |
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| F10-F19 "Mental and behavioural disorders due to psychoactive substance use" |
| Dans la classification statistique internationale des maladies de l'Organisation Mondiale de la Santé, l'alcoolodépendance figure parmi les troubles mentaux et de comportement dus à l'usage de substances psychoactives. Elle est décrite comme un ensemble de phénomènes comportementaux, cognitifs et physiologiques qui se développent après l'usage répété de la substance psychoactive et se caractérisent typiquement par un désir intense de consommer la drogue, des difficultés de contrôler la consommation, la persistance dans la consommation malgré des conséquences nuisibles, une priorité donnée à la consommation par rapport à d'autres activités et obligations, une tolérance accrue à la substance et parfois un état de manque physique. |
| DSM-IV (Classification internationale utilisée en psychiatrie) |
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| Abus d'une substance selon le DSM-IV Mode d'utilisation inadéquat d'une substance conduisant à une présence d'au moins une des manifestations suivantes au cours d'une période de douze mois :
Dépendance à une substance selon le DSM-IV Présence de trois (ou plus) des manifestations suivantes, à un moment quelconque d'une période continue de douze mois :
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| 1785 | Benjamin RUSH | "l'ivrognerie" comme "maladie de la volonté" |
| 1849 | Magnus HUSS (a introduit le terme "alcoolisme") |
"ensemble d'affections hépatiques, cardiaques et neurologiques" |
| 1950 | Pierre FOUQUET | "perte de la liberté de s'abstenir d'alcool" |
| 1960 | E.M. JELLINEK | "tout usage de boissons alcooliques qui cause quelque dommage à l'individu, à la société, ou aux deux" (définition adoptée par l'OMS). |
| JELLINEK | A.N.P.A.A. | FOUQUET |
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Alpha
Bêta
Gamma
Delta
Epsilon
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Alcoolomanie primaire
Alcoolomanie secondaire
Alcoolisme cyclique
Dipsomanie
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Alcoolite
Alcoolose
Somalcoolose
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