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Que faire?

Voici quelques étapes* importantes:


Prendre conscience de la consommation problématique

C'est peut-être l'étape la plus difficile parce que le déni fait partie de la maladie. Nombreux sont ceux qui n'y arrivent malheureusement qu'après de longues années au fil desquelles tous les aspects de la vie ont été affectés par les habitudes de consommation: santé, équilibre psychique, relations, environnement familial, professionnel et social, difficultés financières, etc.

La dépendance physique et psychique fait nier, tricher, refouler, sous-estimer et dissimuler à soi-même et à l'entourage l'ampleur du problème. Honte et sentiments de culpabilité, la peur d'être stigmatisé par une maladie qui est encore pour beaucoup taboue, l'angoisse de gérer les problèmes personnels sans l'aide de la drogue et l'impossibilité de concevoir une vie sans la substance de choix rendent encore plus difficile les conclusions qui s'imposent.

Derrière le déni - des raisons qui parlent

 “Je n'ai pas de problème d'alcool...
  • parce que tu réduis ma personne et mon identité à un seul aspect de mes difficultés
  • parce que tu ne vois pas, ne comprends pas et ne prends pas au sérieux ce dont je souffre
  • parce que tu as ta réponse toute prête, ta solution toute faite et voudrais me l'imposer
  • parce que tu me juges, me colles une étiquette et m'enfermes dans un tiroir d'où je ne sortirai plus...
...comment pourrais-je accepter cela ! ”
Mais il arrive tôt ou tard ce moment où on "touche le fond"**, où tous les artifices imaginés et imaginables pour continuer à consommer ne fonctionnent plus. L'entourage immédiat réagit, la pression de tous côtés augmente, les problèmes et conflits s'accumulent. Tous les signaux d'alarme se mettent à clignoter, c'est l'impasse, et on risque de tout perdre, si ce n'est déjà fait: partenaire, emploi, foyer familial, amis et connaissances... Des difficultés financières et parfois juridiques viennent s'ajouter... Et puis, n'oublions pas: perte de la dignité, du respect des autres, de l'estime de soi, de la joie de vivre; souffrance psychique, solitude, isolement, exclusion, désespoir, angoisses, dépression...; violence envers soi-même et envers d'autres...; maladies graves, mortelles...

Au plus tard à ce moment-là un constat s'impose: "Je ne peux plus continuer comme ça".

Arrivé à ce stade, c'est le moment de rompre le silence et d'en parler.

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S'informer, en parler

Parlez de vos problèmes à une personne


Souvent ce sera votre médecin, généraliste ou spécialiste, mais cela peut être aussi un représentant de la délégation du personnel, des membres de groupes d'entraide, des membres d'une association dédiée à ces problèmes (pour ama.lu voir permanence pour entretiens individuels page cont@ct), des personnes au bout d'un téléphone de secours (p.ex. "SOS Détresse"). Voir aussi: "à qui m'adresser ?"

A ce stade vous n'aurez certainement pas la solution à tous vos problèmes, mais vous aurez fait un premier pas dans la bonne direction:C'est peut-être le moment où vous vous dites: "je ne veux plus continuer comme ça", le moment d'agir et de trouver de l'aide.

Parlez franchement à votre interlocuteur. Dissimuler l'ampleur de votre consommation ne nuira en fin de compte qu'à vous même. Gardez à l'esprit que vous êtes libre dans vos choix, que personne ne peut vous imposer quelque chose, mais que le moyen sûr de perdre définitivement cette même liberté, c'est d'ignorer les problèmes et difficultés.

Enfin il est utile de mieux s'informer sur les substances addictogènes, sur leurs effets, sur les difficultés et maladies liées au mésusage de celles-ci ainsi que sur l'offre thérapeutique.

Ce site vous offre un grand nombre d'informations, vous trouverez également des informations dans les dépliants en ligne et livres spécialisés, en demandant conseil à votre médecin généraliste ou spécialiste ou en parlant avec un membre de ama.lu a.s.b.l. dans le cadre de ses permanences.



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Trouver de l'aide

Il n'est pas facile, voire parfois impossible de s'en sortir tout seul.

A cette étape vous avez déjà fait un pas important en vous confiant à d'autres. C'est le moment d'accepter l'aide professionnelle qui est offerte pour les maladies de dépendance ainsi que l'entraide que proposent les associations. (cf. aussi: "à qui m'adresser")

Vous y recevrez des informations concrètes sur les étapes à suivre et les démarches à faire pour pouvoir faire une thérapie. Ces informations vous permettrons aussi de vous organiser, d'informer les personnes concernées (partenaire, employeur etc.) et d'avoir une nouvelle perspective dans votre vie.

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Désintoxication

Avant de pouvoir suivre une thérapie proprement dite (pour laquelle il faut avoir la tête tant soit peu claire), il est impératif d'interrompre le cercle vicieux consommation -> manque -> consommation..., mettre de la distance entre vous et le produit et désintoxiquer le corps.

L'arrêt brutal de la consommation n'étant pas sans dangers, il est fortement conseillé de le faire sous surveillance et avec l'appui de personnel médical. Parlez-en à votre médecin !

Une telle désintoxication ou "sevrage" peut se faire dans la plupart des hôpitaux et ne nécessite pas l'autorisation préalable par la Caisse Nationale de Santé. Elle peut être stationnaire ou ambulatoire.

Il est important de l'envisager dans le cadre d'un ensemble de mesures thérapeutiques à définir ensemble avec votre médecin.

La désintoxication n'est qu'une première étape, sans autres mesures thérapeutiques, elle risque d'être sans effets durables.

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Thérapie

Une thérapie, qu'elle soit ambulatoire ou stationnaire, permet de:

L'avantage d'une thérapie ambulatoire (une série de séances auprès d'un thérapeute) est qu'elle est moins invasive au niveau de la vie professionnelle et privée. Le désavantage est que ces séances de courte durée sont moins intensives et que l'environnement quotidien avec tous ses défis, tentations et habitudes reste le même.

Les avantages d'une thérapie stationnaire (plein temps dans un centre spécialisé) sont l'intensité du traitement, la prise en compte de tous les aspects de la maladie et la mise en oeuvre d'une panoplie de techniques thérapeutiques, mais surtout, une sorte de trève: la distance, le repos et le temps nécessaires pour se consacrer en profondeur aux problèmes de la dépendance et permettre des changements de perspective et de comportement.

Une thérapie stationnaire doit être bien préparée. La décision doit être le libre choix de la personne concernée. L'organisation se fait en concertation avec le médecin traitant, les Assurances sociales, le centre thérapeutique, et le cas échéant le partenaire et l'employeur*.

*) Pour les démarches à suivre et les questions qui se posent à ce sujet, voir aussi la rubrique FAQ

Remarque: il existe des groupes d'entraide qui proposent leur propre programme pour arrêter les maladies de dépendance. Nous vous conseillons d'aller les rencontrer et d'évaluer par vous-même toutes les possibilités offertes pour résoudre vos difficultés et de décider librement quelle est la meilleure voie à suivre pour vous personnellement. Rien n'empêche d'ailleurs de suivre une thérapie et de participer à des groupes d'entraide, au contraire! Nous vous conseillons toutefois de consulter un médecin pour évaluer vos besoins de traitement. Souvent les maladies de dépendance sont liées à d'autres troubles psychiques pour lesquels une aide professionnelle est absolument indispensable!
» adresses/groupes de discussion et d'entraide


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Prendre en main sa vie

Les étapes parcourues jusque-là sont extrêmement importantes, mais elles peuvent être comparées à la formation scolaire: après les premiers pas et toutes les mesures thérapeutiques, c'est la vie quotidienne qui reprend.

Remarque: si vous deviez faire une "rechute" (réalcoolisation après un sevrage), ne désespérez pas, n'abandonnez pas, les maladies de dépendance sont complexes et tenaces! Profitez de ce que vous avez déjà appris et vécu jusque-là pour reprendre votre chemin et mettre en oeuvre les différentes étapes d'un traitement.

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Autonomie et liberté, Santé et bien-être

Avec les maladies de dépendance, on n'est jamais définitivement du côté gagné, mais chaque jour on est gagnant! Ne plus être en proie aux souffrances de la dépendance ouvre la voie vers une grande liberté et une véritable autonomie qui permet de vivre pleinement, une vie avec des hauts et des bas certes, mais une vraie vie qui mérite ce nom!

La plupart des spécialistes et groupes d'entraide affirment qu'on ne guérit pas des maladies de dépendance, mais qu'elles peuvent seulement être stoppées, et qu'un nouveau contact avec la drogue entraine inévitablement la "rechute".

Comme pour toute maladie chronique, il est donc essentiel de rester vigilant et de continuer à se soigner.

Sans perpétrer la place que l'alcool a pris dans la vie quotidienne pendant des années, il est utile, voire indispensable, de:


» Voir aussi la page "Vivre INdépendant"

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*) En pratique, le périple individuel diffère souvent de l'ordre chronologique établi schématiquement ici. Ainsi par exemple quelqu'un aura fait plusieurs cures de désintoxication et peut-être visité occasionnellement des groupes d'entraide sans jamais avoir parlé de sa maladie, un autre aura suivi une thérapie et après une rechute se retrouve en désintoxication, un troisième traverse toutes les étapes avec seulement les groupes d'entraide pour appui. N'importe le chemin parcouru, les étapes essentielles nécessaires restent comparables. Aussi n'y a-t-il pas une seule mesure, "recette" ou "solution magique", mais il y a un ensemble de mesures et d'outils à mettre en oeuvre.

**) L'expression "toucher le fond" doit être entendue comme le point où le malade lui-même sent qu'il ne peut continuer sa consommation abusive, où sa situation est devenue insupportable à ses propres yeux et en arrive à la conviction que quelque chose doit changer dans sa vie. Cela ne veut pas dire qu'il doit avoir tout perdu, être à la rue et souffrir de tous les symptômes et maladies typiques liés à la consommation excessive. Plus tôt un malade agit pour changer sa vie, meilleures sont ses chances de s'en sortir !

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"Il n'existe pas une seule façon de s'en sortir, mais presque autant qu'il y a d'individus, assure Jean-Pierre Couteron, président de l'Association des intervenants en toxicomanie (Anitea, France). Ce qui fera solution pour l'un posera problème pour un autre. Chaque parcours de vie est différent."